Aldébaran est l'un des plus anciens membres de la compagnie des chasseurs de Brume. La Chasseresse Brume a fondé la compagnie suite à sa rencontre avec ce personnage et un certain Drac'... Il est en charge des inventaires et croquis des monstres chassés. Il prend également soin de retranscrire les aventures de la compagnie dans ces "chroniques des chasseurs de Brume"

Les chroniques
Voici près de dix années que notre Compagnie court les Terres de l’Andérique, depuis Avray jusqu’à Ferasix, à la recherche des créatures les plus fantasques, dont certains attributs ont des pouvoirs extraordinaires. Dix années, et jamais personne n’avait songé auparavant à conserver par écrit le récit de nos belles aventures. Aussi, moi, Aldébaran, l’érudit de cette équipe, ai-je décidé de rédiger mes souvenirs, ainsi que les traces des aventures actuelles. Ce récit ne sera donc pas une succession chronologique de nos histoires, mais plutôt un rassemblement de celles-ci dans l’ordre dans lequel elles me reviendront en tête...



Acte Premier – Les origines de la Compagnie

Commençons tout de même par le début. Lorsque tout a commencé, nous n’étions que trois. Cela ne dura que peu de temps avant que d’autres ne se joignent à nous, comme Satyr ou le Pyzélien, mais ceci est une autre histoire. Par une matinée d’été, j’avais repéré un colacao, ce petit rongeur aux yeux rouges qui peut abattre un hêtre en quelques morsures. J‘étais très enthousiaste. Il est si rare de les trouver par ici. Ils vivent, en général, bien plus au sud. J’allais pouvoir en faire un croquis alors qu’il rongeait tranquillement un tronc. Je sortais mon équipement de dessin, tapis dans l’ombre d’un buisson épineux, lorsque je vis un gros lourdaud, l’arme à la main, approcher de l’animal. Je bondis pour intervenir, et clamais à l’intrus :
« Hé, mon gars. Je l’ai vu le premier. Laisse ce colacao tranquille ».
Surpris par mon intervention, il fit un pas de recul. Il m’annonça qu’il comptait attraper le pauvre rongeur avec ou sans mon accord. Puis il me fonça dessus, pointe en avant. Je m’étais préparé à cette réaction et, en toute prudence, avais défouraillé ma lame. Je parai, esquivai, bloquai sa lame, liai, ripostai, contrattaquai sur sa droite. Le vil m’envoya un coup de botte en pleine tête que j’évitai de justesse. Reprenant le dessus, je lui assénai un coup à la tête, venant rencontrer sa lame. D’un coup d’épaule, il me repoussa.
« Que lui veux-tu à cette pauvre bête? Questionnai-je.
- Je veux récupérer sa semence.
- Quoi ??
- Ouais, ça a des vertus magiques, tenta-t-il d‘expliquer.
- Pas du tout, m’offusquai-je. C’est la semence du Loup Garou qui a des vertus curatives, ou à la rigueur celle du Garou-chou, dans une certaine mesure, mais…
- Peu importe, interrompit-il en chargeant de nouveau, je veux cet animal. Pousses-toi de là?! »
L’échange reprit avec violence. Un, deux, trois coups parés. Je lui crochai une cheville avec mon pied gauche, il chût. Je lui fonçai dessus mais ce fût à son tour de me mettre au sol. Désarmés tous deux, il me maîtrisa. Je tentai de lui réexpliquer la situation.
«Je veux juste le dessiner. Laisse-moi finir, puis je te le laisse?!».
J’en profitai pour me dégager et me relever. Il fit de même mais lui n’était plus armé. Je fonçai en tentant de le tailler en pièces, il esquiva.
«Pas question, le temps que tu fasses tes dessins, il sera parti, répondit-il, je le tue d’abord, tu le dessineras ensuite.».
Il avait récupéré son arme et m’envoyait de nouveau une attaque en plein visage. Tout en ferraillant, nous poursuivions notre débat.
« De toute façon, si tu veux récupérer quelque chose sur un colacao, prends les poils de sa nuque, conseillai-je à cet ignare.
- Quoi??
- Ce sont les poils de la nuque qui sont intéressants chez les colacaos. Il y a deux glandes à ce niveau qui sécrètent une substance odoriférante qui fait fuir les ennemis, mais qui a aussi des vertus antiseptiques puissantes.»
Il avait profité de mon explication et d’une fraction d’inattention pour saisir ma main droite et me déposer sa lame sous la gorge. J’allais lui concéder la victoire quand un couinement nous fît nous retourner tous deux. Une chasseresse avait saisi l’objet de la dispute par la base de sa queue. Il cherchait en vain à se défaire de la prise en mordant la main gantée de sa prédatrice.
«Beau combat messieurs, mais la proie est à moi. En revanche, je vous propose de rejoindre ma compagnie ! ».
Après discussion, nous acceptâmes tous deux. Jusque-là, sa compagnie se limitait à elle-même :Brume-la-Chasseresse. Elle connaissait le monde, les zones de chasse et avait une âme de commandante. Drac‘, lui était un ancien soldat. Il connaissait les techniques de combat et n’avait peur d’affronter aucun monstre. Comme son surnom le laissait deviner, sa spécialité était la chasse au dragon, mais aborder un tel sujet avec lui s‘avérait une affaire périlleuse. Ceci est une autre histoire, qui précède l’existence de la compagnie. Quant à moi, mes grandes connaissances sur les monstres et leurs vertus apportaient un avantage certain à notre trio… Ainsi était née “la Troupe des Chasseurs de Brume”.